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Le spectacle «Le retour de nos idoles» sera présenté au Colisée de Québec les 6 et 7 mai à quatre reprises. Le président de Musicor Pierre Marchand s’est entretenu avec Showbizz.net pour parler de ce show et de nostalgie. Le terme «has been», pour désigner des artistes d’une époque révolue, est une expression que l’on doit à son avis bannir.
La firme Musicor propose ce grand spectacle à saveur nostalgique qui sera bientôt présenté dans la Vieille-Capitale.
Le concept du «Retour de nos idoles» est inspiré de la tournée «Âge tendre et têtes de bois» du producteur Michel Alguet, présentée en France depuis quelques années. On y propose plusieurs artistes européens populaires dans les années 60 ou 70, voire même 80. Une ancienne émission de télé a donné son titre à cette série de concerts.
Il y a deux ans, la Québécoise Ginette Reno était de ce spectacle à Paris. Pierre Marchand y assistait, raconte-t-il en entrevue téléphonique.
L’idée de présenter un show pareil chez nous a germé dans sa tête en tenant compte des réalités québécoises. L’événement auquel il assistait durait quatre heures, explique-t-il, ce qui est un peu trop long.
Même si «Le retour de nos idoles» est inspiré de la tournée «Âge tendre», «on n’a pas copié ce que font les Français», assure le président de Musicor.
On aura par conséquent droit à un concept bien de chez nous qui réunira les animateurs Michel Jasmin et Michel Drucker ainsi qu’une pléiade d’artistes d’ici et des Européens.
Du côté des étrangers, on retrouvera sur scène Demis Roussos, Isabelle Aubret, Catherine Lara, Herbert Léonard, Claude Barzotti, Hervé Villard et la Compagnie Créole.
Les Québécois Toulouse, Gilles Girard, Michel Louvain, Paolo Noël, Chantal Pary et Jenny Rock seront de la partie tout comme Jean Lapointe, qui rendra hommage à son défunt collègue des Jérolas Jérôme Lemay.
M. Marchand voulait «monter un show pour tout le monde avec des artistes qui aient une résonance au Québec».
Même si le public ne se souvient plus du nom d’un certain chanteur, il devrait être en mesure de reconnaître ses succès, croit notre interlocuteur en citant Hervé Villard, l’interprète de «Capri c’est fini», en exemple.
Aucun ego n’est en cause chez les participants. «Les gens sont contents de chanter dans quatre Colisées pleins avec d’importants moyens techniques», dit M. Marchand. Les spectacles et tournées rétro typiques souffrent généralement d’un grand manque de moyens. Cette fois, les participants auront droit à des dispositifs scéniques et à une organisation de qualité.
Le spectacle sera présenté à Québec plutôt qu’à Montréal pour plusieurs raisons. Musicor a connu des expériences heureuses avec des organismes comme le Festival d’été et le Théâtre Capitole. Les spectateurs locaux vouent un intérêt à ce type d’événements et sont ouverts d’esprit. La location géographique plus centrale permet aux gens de différentes régions de s’y rendre. Québec est aussi la plus vieille ville francophone d’Amérique du Nord.
La nostalgie
Pierre Marchand se désole du manque de reconnaissance vouée à certains artistes qui ont déjà été populaires ou qui ont été les idoles de générations précédentes.
«Ces gens ont été de grandes vedettes dans les années 60 et 70. Une idole, c’est toujours une idole. Il doit y avoir un respect de l’artiste», dit-il.
Il déteste d’ailleurs le terme «has been», qu’il juge d’une «grande méchanceté». «On ne dit pas ça des anciens joueurs de hockey, qu’ils sont de has been», lance-t-il!
Peut-on miser sur la nostalgie pour ressortir du placard des artistes oubliés? Si ces artistes sont remis à l’avant-scène, c’est parce qu’ils plaisent toujours au public. Ils ont une signification importante pour certaines gens, réplique-t-il. Pour lui, c’est une façon de faire plaisir à certaines personnes.
Lorsqu’il était le grand patron de MusiquePlus et MusiMax, le premier artiste approché par M. Marchand pour les «Musicographies» québécoises a été Michel Louvain, une légende qui jouit encore d’une belle popularité. Il fêtait alors ses 40 ans de carrière et personne des médias ne voulait de lui, raconte Pierre Marchand. Ironiquement, c’est MusiquePlus, une télé surtout destinée aux jeunes, qui a tendu la main au chanteur de charme.
Pierre Marchand est aussi amer face à l’ADISQ qui n’avait pas souligné les 50 ans de carrière de Michel Louvain. «On est dans la culture du jetable et du recyclable», dit-il.
Avec le succès de l’album «Le retour de nos idoles» et des disques de reprises, la nostalgie semble avoir la cote au Québec. «On est tous nostalgiques de quelque chose», réplique M. Marchand.
Il juge d’ailleurs les baby boomers responsables de cet engouement pour la musique des années 60 et 70. La société a fait de véritables progrès dans ces années-là . «Tout était neuf», dit-il.
Le spectacle «Le retour de nos idoles» sera présenté au Colisée à quatre reprises: le vendredi 6 mai à 13h30 et 19h30 ainsi que le samedi 7 mai à 13h30 et 19h30. La représentation du samedi soir sera diffusée sur Indigo et Bell Télé à 20h.
Mise à jour
Michel Drucker sera absent des représentations du 7 mai mais sera au poste le 6. Michel Jasmin assumera seul l’animation le samedi. Le présentateur français doit retourner dans l’Hexagone pour des raisons professionnelles.


Showbizz.net