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Stromae a lancé l’album «Cheese» au Québec le 21 juin. L’interprète de «Alors on danse» a beau connaître le succès dans plusieurs pays du monde, il garde tout de même la tête très froide. Showbizz.net s’est entretenu avec le chanteur.
Le Bruxellois Paul Van Haver, alias Stromae (Maestro, à l’envers), débute sa carrière au sein de la formation rap Suspicion en 2005 et se fait connaître ironiquement avec le titre «Faut que t’arrêtes le rap». Suivra en 2007 un maxi autoproduit de quatre extraits et plusieurs simples. En 2008, alors qu’il poursuit ses études en cinématographie, Stromae fait remarquer ses compositions par l’entremise de Kery James et son album «À l’ombre du show-business», certifié disque d’or. À cette époque, il compose également pour Melissa M et Anggun.
L’année 2009 sera marquante pour le jeune homme maintenant âgé de 25 ans: «Alors on danse» verra le jour en Europe.
Le morceau se retrouvera en première place des palmarès des ventes de simples non seulement dans sa Belgique natale mais aussi en France, en Hollande, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse. En Italie, il sera notamment la chanson numéro sur iTunes.
«Alors on danse» se retrouvera aussi en tête du palmarès Billboard européen pendant quelques semaines avec 600 000 exemplaires vendus.
Au Québec, Stromae est devenu le premier francophone non-québécois à décrocher directement une place au TOP-5 BDS… Du jamais vu depuis France Gall à la fin des années 80. Plus de 12 000 exemplaires numériques de la pièce ont trouvé preneur chez nous.
En entrevue téléphonique, Stromae dit n’avoir jamais envisagé un tel succès. Croire le contraire aurait été prétentieux, ajoute-t-il.
Il est toutefois bien fier d’avoir réussi cet exploit dans la langue de Molière. «Ça montre que c’est possible de chanter en français et d’avoir le même accueil (dans des pays non-francophones) qu’une chanson en anglais», dit-il.
Danser grave
Dans les textes de Stromae, on remarque certaines paroles empreintes d’ironie et de noirceur sur une musiques souvent dansante.
Stromae qualifie «Te Quiero», le plus récent extrait de «Cheese», de «déclaration d’amour». Peu d’artistes oseraient cependant déclarer dans une pièce qu’ils se suicideraient par amour, reconnaît-il. Notre homme aime donc s’aventurer hors des sentiers battus.
«Dodo» traite quant à elle de violence domestique. «C’est la moins dansante de l’album. Avec cette chanson, le but est de briser les tabous. Que ce soit la violence faite aux femmes, l’adultère, le viol, la pédophilie… Tout le monde a une (victime) dans son entourage», lance-t-il.
Pour concocter ses paroles, l’artiste s’inspire notamment de son entourage et de son vécu. «C’est la vision d’un mec de 25 ans qui voit la vie d’un oeil un peu pessimiste», dit Stromae au sujet de ses textes.
Stromae dit d’ailleurs essayer «de s’imaginer le pire quant à l’avenir pour être ensuite agréablement surpris». Il a beau anticiper le futur de manière sombre, il dit cependant «ne retenir que le meilleur» du passé.
Les nombreuses «Leçons» de Stromae présentées sur son site Web, sur la façon d’écrire un tube, ne sont pas si décalées de la réalité, dit-il. Les vidéos, même si elles sont mises en scène, reflètent effectivement sa manière de composer. «C’est vraiment comme dans la vraie vie», ajoute-t-il.
Il s’inspire notamment des sonorités que sa mère écoutaient: du soul, de la musique africaine, de la musique latine et Jacques Brel, un artiste qualifié «d’intemporel» par le jeune homme. Il s’abreuve aussi aux sonorités acid house des années 90, qui étaient elles-mêmes teintées d’influence afro-latines, précise-t-il.
Stromae fait entendre ses nouvelles compositions à un entourage très sélect: son jeune frère de 20 ans qui est aussi le directeur artistique de sa boîte de production (Mosaert); à son gérant de 23 ans et au directeur artistique de son label, âgé de 35 ans. Il compte donc sur de jeunes oreilles pour lui donner une opinion…
Il avoue toutefois que le bonze de l’étiquette de disques avait tout d’abord éprouvé certaines réticences face à sa musique mais avait tout de même fini par «bien l’apprécier».
À la fois rap, chanson et un peu dance, comment pourrait-on qualifier les chansons de Stromae. Avec le temps, il a commencé à qualifier sa musique de «belge», explique-t-il.
«Lorsque j’étais ado, je n’étais pas très fier de mon pays», raconte-t-il. En Europe, les Belges sont parfois victimes de l’équivalent de nos anciennes blagues de Newfies, avouons-le… Le succès rencontré dans sa terre natale a toutefois changé sa vision des choses. Il assume désormais un peu mieux sa belgitude. Au fil de la discussion, il finira par qualifier ses compositions de «new chanson belge»!
Prestation à Montréal
Le 29 juillet, Stromae se produira au Radio Lounge de Montréal. L’artiste y proposera quelques titres de son album accompagné d’un DJ.
Il aimerait bien revenir au Québec pour y présenter un «vrai» concert de plus longue durée avec musiciens si l’intérêt du public se fait sentir. «On y trouve une partie « divertissement » mais aussi une partie plus profonde», dit-il au sujet de ce type de ce type de spectacles.
Stromae séjourne actuellement dans la métropole en prévision de son passage dans la célèbre boîte montréalaise. Il s’agit d’une toute première présence dans la métropole pour le jeune homme. «C’est chouette. C’est super cool, dit-il au sujet de la cité. Les gens sont humains, un peu comme à Bruxelles, même plus (Â…). C’est une ville qui bouge.»
L’artiste a notamment eu la chance d’être témoin des derniers moments du festival Juste pour rire en allant manger au restaurant, raconte-t-il. Lors de notre conversation, il semblait également impressionné par le côté «américain» de Montréal, avec ses édifices et ses voitures… C’est l’Amérique mais on y parle français, note-t-il.
Projets futurs
Pour l’Europe, Stromae songe à la stratégie qui lui permettra de se maintenir à l’avant-scène et de survivre à l’après «Alors on danse». Il pourrait éventuellement remixer ses pièces ou les retravailler en collaboration avec d’autres artistes.
Mosaert est la boîte de production du chanteur. Ce dernier ne dit éventuellement pas non à la possibilité de recruter d’autres artistes dans son écurie. Pour le moment, il dit toutefois se concentrer sur sa propre carrière après y avoir investi beaucoup d’argent, de temps et d’énergie.


Showbizz.net