15 février 2010 - 9:48 Entrevues Cinéma

Vilaine veut se venger

par agencenews


par Martin Gignac.

«Thérèse n’est pas moche! Elle n’a pas le physique facile.», s’exclamait un des personnages du film culte «Le père Noël est une ordure». Ce commentaire pourrait s’appliquer à Mélanie (Marilou Berry), une fille trop gentille qui est la risée de sa mère, de ses copines et de son patron. Un jour, elle décide de remettre la monnaie de leur pièce à tous ces individus.

«C’est un film sur quelqu’un qui va se venger, raconte Marilou Berry, rencontrée dans le hall d’un hôtel de Montréal. On ne se moque pas de ces gens-là. Ça parle des individus qui sont différents et en fait, on se rend compte qu’on n’est pas différent. C’est juste l’image qu’on véhicule dans notre société qui ne raccorde pas avec la vérité.»

Des Mélanie, il y en aurait des milliers et elles rêvent de prendre leur revanche. «Les gens se retiennent car ils sont civilisés, fait remarquer l’interprète principale. Ils ont peur de perdre quelque chose, d’être jugés. Du coup, ils s’enferment. Ils ont tellement l’impression de ne pas être normaux, de ne pas être comme tout le monde. Ce sont les 2% de la population qui sont omniprésents, qui nous font croire qu’on n’est pas normaux alors que c’est le contraire. Nous le somme et il y a des ovnis qui traînent dans notre société. C’est l’image qu’on donne dans les médias, de cette perfection, qui n’est pas la réalité en fait.»

Le combat du rire

L’actrice qui a été découverte dans le sublime «Comme une image» du tandem Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri se reconnaissait au sein de ce personnage atypique dessiné par Jean-Patrick Benes et Allan Mauduit. «Ils ne l’ont pas écrit en pensant à une comédienne en particulier. Vers la fin, ils y ont pensé et ils m’ont proposé le rôle.»

Le long-métrage possède un humour noir particulier, contrastant avec les récentes comédies françaises. «C’est original mais en même temps ça ne l’est pas, avoue la principale intéressée. En France, on a eu une grande période de comédies dans les années 70, 80, 90, avec Louis de Funès, Pierre Richard, Claude Zidi. On a perdu ces comédies-là. Mais je pense qu’on l’a réinventé.»

Tout comme sa mère, celle qui aime bien tourner avec de jeunes metteurs en scène («La première fois que j’ai eu 20 ans», «Nos jours heureux») a surtout été aperçue dans des titres humoristiques. «Ce n’est pas par choix, c’est en fonction de ce dont on me propose. Que ça soit un film d’horreur, une comédie ou un drame, l’important est que le scénario me plaise. Pour l’instant, il se trouve que j’ai lu plus de comédies que de drames, mais ça va peut-être changer.»

Même si les essais drôles font généralement déplacer les foules, ils sont souvent oubliés lors des cérémonies de prix. «C’est mal vu dans l’intelligentsia des microcosmes des grandes villes, rappelle la nièce de Richard Berry. Mais au niveau populaire, ce n’est pas un hasard si les plus gros succès au cinéma sont des comédies ou des films très grand public, comme ceux de James Cameron. C’est un défi de faire quelque chose à la fois d’universel et de pas simpliste, de pas réducteur. Le plus important, c’est qu’on fasse un million d’entrées.» Ce sont justement les chiffres au box office de «Vilaine», qui a même valu à son interprète une nomination aux Césars en 2009.

Celle qui aimerait un jour être dirigée par Terry Gilliam, Tim Burton, Michel Gondry, Woody Allen et Bertrand Blier ne l’a peut-être pas obtenue, mais elle pourra sans doute se reprendre. Surtout, comme le veut la rumeur, si des suites de «Vilaine» voient le jour dans un avenir rapproché.

«Vilaine» prend l’affiche le 26 février 2010.



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