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Devenue une superstar en 2001 dès son premier album, Songs In A Minor, grâce à l'immense tube Fallin', Alicia Keys a traversé la précédente décennie avec classe et dévouement. Pas le moindre scandale pour ternir (ou attiser) sa réputation, ce qui est plutôt rare dans l'univers de la musique pop. Non, que du talent vocal et pianistique et les succès qui s'y rattachent. Le style de la belle demeure certes très standard – de la soul-funky-R&B entrecoupée de ballades dramatiques – mais ce qu'elle fait, elle le fait bien. Pendant 100 minutes hier soir au Centre Bell, Alicia a également démontré qu'elle pouvait donner un bon spectacle, ni renversant ni totalement ennuyant non plus.
Ce concert montréalais était le second seulement de sa nouvelle tournée, tournée qui sert à promouvoir son quatrième album studio, The Element Of Freedom. Keys, qui vient tout juste d'avoir 30 ans, se sent clairement émancipée et inspirée aussi. Elle apparaît tout d'abord sur scène à l'intérieur d'une cage, puis en plie deux barreaux afin de s'en extirper. Trois chansons plus tard, Fallin' se fait déjà entendre, dans une version totalement différente de l'originale. À ce moment, on a presque le goût de qualifier Alicia de « rebelle ». Sur les écrans géants, des projections d'images de guerre, contrebalancées par des messages de paix, font leur apparition. Tout au long du spectacle, on pourra y contempler des figures historiques comme Gandhi, Martin Luther King, Adolf Hitler, Bob Marley et même… Oprah Winfrey! Et tout juste après Fallin', Keys enchaîne avec l'excellente Another Way To Die, son duo avec Jack White pour le plus récent film de James Bond.
Mais ce n'est certainement pas la pièce qui fait réagir le plus ses fans. Like You'll Never See Me Again, Go Ahead, Put It In A Love Song (son entraînant duo avec Beyoncé) et Try Sleeping With A Broken Heart obtiennent toutes une forte réaction de la foule. Appuyée par un impressionnant dispositif scénique et pas moins de douze musiciens, choristes et danseurs, Alicia joue tout autant de son piano que de synthés et de boîtes électroniques. Elle manie même la keytar durant Go Ahead, ce qui donne droit à un petit duel entre Keys et son guitariste. Et la soirée de prendre fin en beauté avec les incontournables No One et Empire State Of Mind.
Tout n'était pas parfait dans ce concert. La longue pause qui nous montre un clip de la star en Afrique dans le cadre d'un voyage caritatif quelconque était de trop. Sa choriste qui nous offre une performance vocale remarquable en reprenant Feeling Good de Nina Simone, c'est cool, mais on se demande à quoi cela rimait au juste, surtout que Keys ne nous l'a jamais présentée. Dieu sait que bien des gens présents au Centre Bell auraient aimé connaître le nom de cette choriste. Enfin, le dernier costume enfilé par Alicia, une robe blanche moulante peu flatteuse, en a fait grimacer certains. Sans oublier que les propos livrés par la chanteuse et pianiste entre ses compos n'étaient qu'une enfilade de clichés sur l'estime de soi. Mais bon, ce fût à la hauteur malgré tout et les fans en ont franchement eu pour leur argent. Il est d'ailleurs dommage que ce spectacle, qui devait être présenté à Québec le 11 mars, ait été annulé. On aimerait bien connaître la raison de ce désistement.
Les photos prises par la photographe Eva Blue:
© Showbizz.net
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