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Par Martin Morin.
Un spectacle concis, un décor minimaliste, une mise en scène très sobre et une chanteuse éminemment attendue. Voilà à quoi nous avons eu droit vendredi soir.
L'égérie de Gainsbourg père n'en est pas à sa première présence professionnelle à Montréal. Dans l'un de ses rares – et toujours brefs – entretiens avec la foule, elle nous rappelle que c'est à 12 ans qu'elle est venue y tourner son premier film. Plusieurs films l'ont ramené dans la métropole, mais c'est la première fois qu'elle vient y chanter. «C'est la première fois que je chante, point!».
La tournée de Charlotte Gainsbourg et de son groupe s'inscrit dans la foulée de son dernier album, IRM, réalisé avec l'aide de Beck Hansen.
Actrice accomplie, Gainsbourg n'a pas un catalogue très vaste dans lequel elle peut puiser. Le concert très court – 1h20 bien comptées – offre donc son dernier album au complet, jusqu'à la pièce bonus se trouvant sur l'album, l'excellente Looking Glass Blues.
Elle revisite, à notre grande joie, trois pièces de son premier album 5:55 (réalisé en collaboration avec le groupe Air et Jarvis Cocker de Pulp), soit Jamais, The Operation et AF607105. Nerveuse, la chanteuse demande que le groupe cesse de jouer le dernier morceau afin de pouvoir recommencer, le tout accueilli par les applaudissements nourris des spectateurs. On ne peut s'en plaindre, l'album 5:55 n'ayant bénéficié d'aucun spectacle, reprendre deux fois la même pièce est un cadeau.
Afin de présenter une pièce écrite par son père, Hôtel particulier, Charlotte Gainsbourg explique que même si elle s'est entourée d'excellents collaborateurs pour ses deux albums, du matériel exceptionnel se trouvait juste sous son nez. «Celui de mon père. J'ai décidé de piger sans gêne». Elle termine d'ailleurs le spectacle avec un très ensoleillé Couleur café, une chanson quasi-cinquantenaire.
En plein milieu du spectacle, une reprise, le Just Like a Woman de Dylan, sa contribution au film I'm not There. Et que dire de sa magnifique version du Chat du café des artistes, de Ferland, qui a littéralement soulevé le toit de la salle.
Bref, une soirée réussie au bras d'une chanteuse qui en est à ses premières armes sur scène et, même si cela paraît par moments, on lui pardonne tout. Accompagnée de cinq musiciens de talents, ce n'est que vers la fin que le groupe prend un peu vie, le tout étant d'abord un peu statique. Mais nous ne sommes pas là pour voir un spectacle de danse, nous sommes là pour un moment d'intimité et c'est exactement ce qu'une salle comme l'Olympia permet.
La glace est brisée, le spectacle de ce soir donnera peut-être lieu à un peu plus de contacts entre la chanteuse et ses fans. Peut-être trouvera-t-elle le temps d'étirer un peu plus son au revoir à la fin.
En première partie, le groupe américain AM (qui avait ouvert pour Air au Métropolis en mars dernier) interprète les compositions de son dernier album, Future Sons & Daughters. Le trio (guitare, claviers et percussions), a vraiment laissé sa marque pendant les 40 minutes bien serrées qui lui sont accordées, particulièrement le percussionniste Chris Lovejoy qui est de loin l'être le plus charismatique à avoir occupé la scène de toute la soirée. L'homme aurait été totalement à sa place dans un concert de Dead Can Dance, c'est tout dire.
Les photos prises par la photographe Eva Blue:
© Eva Blue
© Eva Blue
© Eva Blue
© Eva Blue
© Eva Blue
© Eva Blue
© Eva Blue
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© Eva Blue
© Eva Blue
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