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P!NK – Funhouse
En 2006, Alecia Moore alias P!nk a lancé un album (son quatrième) qu'elle a pris soin d'intituler I'm Not Dead, cela afin d'étouffer les vilains commentaires à propos de son statut d'artiste pop has been. Mais il n'en demeure pas moins vrai que la cote de popularité de P!nk a fondu depuis 2001 et le disque M!ssundaztood, qui demeure son opus le plus pertinent. Depuis, les cd se suivent, se ressemblent et s'oublient pour celle qui, tout comme Gwen Stefani, propose une musique pop éclatée et autobiographique. Dès le premier extrait, So What, on plonge directement dans le sujet du divorce entre P!nk et le champion de motocross Carey Hart. Pas tellement subtil. Mais c'est la façon de faire de cette rebelle de 29 ans qui utilise plus que jamais son vécu et son approche «in your face». Dommage. Car la chanteuse est, par le fait-même, devenue très prévisible. Que ce soit au niveau de ses collaborateurs (Max Martin, Butch Walker et Kara DioGuardi, tous hyper-sollicités… et sur-utilisés. Même la présence de Tony Kanal, le bassiste de No Doubt, n'est pas vraiment surprenante), de ses «bitcheries» (elle s'attaque encore à Jessica Simpson, une cible facile) et de l'ordre de présentation de ses compositions (avant même d'avoir entendu la fin de l'album, on savait pertinemment que Funhouse se terminerait par une ballade ronflante). On aime le franc-parler et la personnalité flamboyante de P!nk. Mais il est grandement temps pour elle de se ressourcer, avant qu'elle n'en meure pour de bon.
Richard Legault
LES COWBOYS FRINGANTS – L'expédition 1/2
Que font les Cowboys fringants au moment où le téléchargement modifie complètement l’offre musicale Ils lancent un album! Pas une agglomération de chansons réunies au petit bonheur la chance, mais un beau, un vrai album où les chansons s'enchaînent avec cohésion. On y retrouve la force du portrait, comme l’ont pratiqué de tout temps les Cowboys, mais avec la profondeur qu’on remarque depuis Break syndical. L’expédition porte bien son nom, car le parcours s’apparente à une longue randonnée musicale où sont convié à la fois révolte et tendresse, au moyen d'images simples et compréhensibles. Quant à la musique, elle est plus proche de la chanson qu'elle ne l'a jamais été sur un des albums précédents. Les critiques musicaux aiment souvent jauger les récentes parutions d’un groupe connu par l’évolution qu’ils y constatent. Dans le cas de L’expédition, il serait plus juste de parler d'un fruit parvenu à maturité. Les amateurs du côté plus déjanté des Cowboys fringants peuvent quant à eux se rabattre sur l’album Sur un air de déjà vu, disponible en téléchargement. Pierre-Mathieu Tremblay
T.I. – Paper Trail
T.I. (Clifford Harris de son vrai nom) est l'un de ces rappeurs américains qui sont tout autant respectés pour leur «crédibilité de la rue» que pour leur succès commercial. Très hot depuis 2006, T.I. s'est notamment fait remarquer des auditeurs radiophoniques grâce à sa participation à la chanson My Love de Justin Timberlake. Paper Trail, le sixième album en sept ans de ce prolifique artiste hip hop, commence en force avec trois morceaux béton: 56 Bars, I'm Illy et Ready For Whatever. Malheureusement, ça se dégonfle par la suite avec des pièces plutôt banales. La liste des collaborateurs a beau être longue et prestigieuse (Timberlake, Rihanna, Ludacris, Usher, John Legend, etc.), les treize plages restantes n'en sont pas automatiquement rehaussées. Seule exception, et elle est de taille: Swagga Like Us, une compo déjà légendaire qui réunit T.I., Kanye West, Jay-Z et Lil Wayne, rien de moins! Réalisée de main de maître par Kanye, et s'appuyant sur un échantillon vocal de M.I.A., Swagga Like Us propulse carrément le hip hop à un plateau supérieur. De toute beauté, et c'est peut-être là l'unique raison de s'intéresser sérieusement à Paper Trail. Richard Legault


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