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Le lancement du disque «Les Filles de Caleb- L’opéra- folk- Extraits» s’est déroulé dans le décor pittoresque de l’Auberge Le Saint-Gabriel du Vieux-Montréal. Luce Dufault, Daniel Boucher, Yves Lambert, Bruno Pelletier et Stéphanie Lapointe ont offert de courtes prestations qui ont donné un avant-goût du spectacle inspiré des romans d’Arlette Cousture.
Conçu comme une traversée dans le temps qui conjugue la destinée de trois générations de femmes, Émilie (Luce Dufault), Blanche (Stéphanie Lapointe) et Élise (Carolanne D’Astous Paquet), l’opéra-folk est «scénarisé» par la cinéaste Micheline Lanctôt. Celle-ci a défriché les trois romans de l’écrivaine pour les condenser en un «livret» duquel s’est inspiré Michel Rivard pour composer paroles et harmonies. En attendant que les neuf interprètes donnent vie aux personnages en 2011, le disque «L’opéra-folk – Extraits», présente en quinze pistes un aperçu de l’univers difficile et lumineux de trois femmes de tête.
Lorsque Luce Dufault est montée sur la petite scène de l’auberge pour chanter «Voir grand, voir devant I», Michel Rivard a lancé un «C’est parti!» avec un grand sourire. En effet, l’aventure commence pour celui qui s’est plongé depuis quelque temps dans l’oeuvre d’Arlette Cousture. Une oeuvre qui lui a inspiré bien plus de rythmes à la Neil Young que reels de violon comme ceux du Jour de l’An québécois. «J’ai coloré mes chansons avec ma vision de la musique trad», explique-t-il. «Je n’ai pas cherché à reproduire la musique de l’époque. Pour moi, le country-folk, ça raconte des histoires. C’est une musique de narration.» Ce genre de musique qui «sent la terre» est à la fois celui qu’il aime et le seul qu’il voyait coller à l’épopée des filles de Caleb. Cette histoire qui débute dans la Mauricie du 19e siècle avec Émilie, qui quitte son village pour devenir maîtresse d’école. Gravitent autour d’elle sa meilleure amie Berthe (Catherine Sénart), l’inspecteur Douville (Yves Soutière), ses parents (Marie Michèle Desrosiers et Yves Lambert) et Ovila (Daniel Boucher). Le récit se poursuit ensuite avec sa fille Blanche et l’enfant de celle-ci, Élise.
Une histoire moderne, un enthousiasme palpable
L’adaptation des romans en opéra-folk, qui, selon Michel Rivard, tient de l’opéra la «force du destin» et du folk le genre musical, est un projet qui n’emballe pas que l’ancien membre de Beau Dommage. Le chanteur Daniel Boucher, qui incarne Ovila, l’amoureux «très gars» d’Émilie, assure que ce projet est un des plus motivants qu’il a depuis longtemps. «Quand Michel m’a appelé, j’ai fait semblant d’hésiter, souligne-t-il. C’est une oeuvre qui a marqué le Québec, qui me parle. De toute façon, tout ce qui touche à la famille québécoise me fait pleurer. Ce n’était donc pas difficile pour moi d’accepter.» Il a d’ailleurs interprété avec émotion, «Elle a dit « nous deux »Â», une chanson qui marque les débuts de la relation d’Ovila avec Émilie et pour laquelle il a dû apprendre l’harmonica.
Campée dans la réalité des Canadiens français de la fin du 19e siècle et du début du 20e, la trilogie d’Arlette Cousture trouvera-t-elle encore écho chez un public contemporain? Oui, répond sans hésiter Luce Dufault. Si le contexte est différent entre ces deux époques, les conflits restent semblables. «On a encore des combats à mener comme femme. On a encore de la difficulté à faire des choix, à prendre soin de soi. À se mettre en premier». Les trois personnages féminins apparaissent aussi aux yeux de Michel Rivard comme étant ancrés dans une certaine modernité. «L’histoire est celle de trois femmes de tête. Le propos féministe va être là . Même moi, dans ma musique, les chansons des filles ont une texture plus actuelle.»
Outre le propos de l’oeuvre qui les rejoint, les interprètes ont aussi en commun le plaisir de travailler en groupe. Dans le rôle de Blanche, Stéphanie Lapointe confie que «ça fait du bien» de retrouver cet esprit d’équipe après avoir mené plusieurs projets solos. Celle qui n’a jamais pensé faire du théâtre musical professionnel chante sur l’album trois morceaux, dont deux avec Bruno Pelletier (Napoléon), l’interprète du premier amoureux de Blanche. Daniel Boucher est aussi d’avis que le travail à neuf chanteurs constitue une belle motivation. «Avec Michel Rivard, ça va ressembler à l’école!» Quand les répétitions commencent-elles? «Le plus tôt possible, j’espère!»
Le disque «Les Filles de Caleb – L’opéra-folk», réalisé par Michel Rivard et Louis-Jean Cormier (Karkwa), est disponible à compter du 26 octobre. Quant au spectacle, il sera présenté au Théâtre Saint-Denis du 13 au 16 avril 2011 à 20h (et le 16 avril à 14h). Après des arrêts à Saguenay et à Sherbrooke, il s’arrêtera au Grand Théâtre de Québec du 13 au 16 juillet (20h). Des représentations auront aussi lieu les 16 et 17 juillet à 14h.
Les photos prises par la photographe Eva Blue:
- Michel Rivard, Luce Dufault et Daniel Boucher
- Photo de groupe
- Daniel Boucher
- Bruno Pelletier
- Yves Lambert
- Stéphanie Lapointe
- Luce Dufault
- Marie Michèle Desrosiers
- Daniel Boucher
- Photo de groupe
- Michel Rivard
- Yves Lambert et Daniel Boucher
- Yves Soutière
- Catherine Senart
- Bruno Pelletier et Stéphanie Lapointe
Crédits photo:Eva Blue


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