11 février 2008 - 17:00 Nouvelles Québec

Anthony Kavanagh: un pont entre le Québec et la France

par Showbizz.net


Par Michel Dolbec

Tout semble réussir en ce moment à Anthony Kavanagh: son nouveau one-man-show triomphe au Bataclan, où une dizaine de représentations supplémentaires sont envisagées. Le spectacle vient d’être acheté par TF1, pour une grande sortie en DVD. Puis le week-end dernier, le Québécois s’est offert le luxe de remporter le « Grand Concours des animateurs », une épreuve de culture générale diffusée sur TF1 et suivie par plus de cinq millions de téléspectateurs.

Kavanagh n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Il a confirmé qu’il allait bientôt ajouter une corde à son arc et créer une société de consultant destinée aux maisons de productions et aux humoristes québécois qui veulent tenter leur chance sur le marché français.

« Je vis en France depuis dix ans. J’ai le décodeur maintenant, dit Kavanagh. Je peux aider les producteurs télé du Québec à vendre leurs programmes, je veux conseiller les humoristes aussi, leur dire ce qu’il faut faire et ne pas faire, leur expliquer les sacrifices qu’ils devront consentir. »
Malgré le triomphe de la version française d’ »Un gars, une fille », malgré les succès de Gilbert Rozon, les télés québécoises et françaises demeurent des univers complètement différents. L’erreur serait de ne pas le comprendre.

« L’erreur, c’est de penser que la télévision française est comme la télévision nord-américaine, souligne Kavanagh. C’est tout le contraire. Ici, les codes, les circuits de décision, les circuits politiques surtout, sont complètement différents. Il faut savoir à quelle porte frapper. J’ai mis des années à le comprendre. »

Aux yeux de Kavanagh, ce sont pourtant les Québécois qui ont le bon bout du bâton, leur télévision, qui manque de moyens, étant « bien plus créative » que la télé française. « On prend plus de risques au Québec. Un programme comme `Minuit le soir’ n’aurait jamais pu voir le jour en France », dit-il.

Concepts, « formats », coproductions: Anthony Kavanagh confie qu’il est déjà en pourparlers avec une demi-douzaine de maisons de production québécoises. Il espère aussi faire les choses dans l’autre sens et aider des Français à vendre des programmes sur le marché québécois.

Mais dans l’immédiat, Kavanagh doit se concentrer sur sa série de représentations au Bataclan (1045 places). Les choses se présentent très bien. Les critiques ne sont pas encore parues, mais le spectacle semble déjà porté par un solide bouche à oreille.

« Tous les week-ends sont déjà vendus. Et pendant la semaine, on est presque à guichets fermés », s’est réjoui l’humoriste lundi soir.

Anthonykavanagh.com est à l’affiche jusqu’au 1er mars, mais dix représentations additionnelles se profilent à l’horizon, auxquelles s’ajouteront des supplémentaires au printemps au Palais des sports et à l’automne à Mogador ou au Casino de Paris.

Avant Paris, Anthony Kavanagh avait présenté le spectacle en province à une soixantaine de reprises. On se demande à quel moment il a pu se préparer pour le « Grand Concours des animateurs », qui a opposé samedi soir sur TF1 22 animateurs de la télévision et de la radio françaises.
La finale, remportée par Kavanagh, l’a opposé à Jean-Pierre Foucault (l’animateur de Sacrée soirée, diffusée autrefois sur TV5).

Le programme a été le plus regardé de la télévision française en fin de semaine: 5,2 millions de téléspectateurs l’ont suivi (pour 26,4 pour cent de parts de marché).



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