28 septembre 2011 - 12:56 Nouvelles EXCLUSIF

Geneviève Gagnon: l’humour du gros bon sang

par Showbizz.net


par Pascale Lévesque.

Laisser son job, vendre sa maison et se départir de sa voiture pour devenir humoriste est un pari de fou. C’est pourtant ce qu’a fait Geneviève Gagnon, qui à 43 ans, a présenté un premier one-woman show solide, non pas sans quelques défauts agaçants, mais qui a certainement sa place sur nos scènes.

L’histoire et le style de Geneviève Gagnon ne sont pas sans rappeler celle de Lise Dion. Originaire de Black Lake, la nouvelle recrue a reçu l’appel de l’humour sur le tard lorsqu’elle a remporté en 2003 un concours organisé par le talk-show de Patrice L’Écuyer.

Depuis, elle avait multiplié les apparitions dans les différents festivals d’humour sans jamais être trop convaincante sur scène. Or, c’est une toute autre Geneviève Gagnon, qui a sans doute travaillé d’arrache-pied avec ses acolytes François Léveillé et Étienne Langevin, qui s’est présentée sur la scène de la salle André-Mathieu mardi soir.

Alors ça donne quoi ? Une femme confiante, pleine d’assurance qui livre un spectacle rythmé, sans cabotinage et avec un réel talent pour imager ses propos. Les personnages et les lieux de ses anecdotes, Geneviève Gagnon les joue et sait du coup nous transporter partout avec elle.

Partout, comme chez le gynécologue où elle nous amène avec elle dans un savoureux second numéro. « Avancez, encore, avancez vos fesses madame…il faut que ça arrive flush avec la table ! », lance-t-elle en prenant la voix de son médecin aussi enthousiaste qu’un iguane.

Ou encore, au centre de santé, alors qu’elle exprime bien franchement le malaise de se retrouver à parler à voix basse avec tout plein de gens vêtus de robes de chambres et de pantoufles, en grignotant une biscotte bio au foin… « On dirait qu’on est dans une aile psychiatrique ! », lance-t-elle.

Bien entendu, si vous aimez l’humour pointu des Denis Drolet ou de Jean-Thomas Jobin, vous ne vous plairez pas avec Geneviève Gagnon qui y va plutôt de sujets et de procédés simples. Son plus grand défaut d’ailleurs est d’exploiter trop souvent des lieux communs : les hommes sont comme ci, les femmes sont comme ça, les ados sont des plantes vertes… Le tout ponctué par un langage qui mériterait d’être plus châtié. Ce qui n’enlèverait rien à l’authenticité de notre comique.

Elle ne réinvente pas la roue non plus. Mais malgré le fait que son discours de femme qui observe le quotidien avec un gros bon sang ne soit pas en apparence des plus original, il est par défaut rafraîchissant.

Rafraîchissant dans une industrie où la forte tendance des dernières années est ce point de vue du jeune homme, fraîchement sorti du sous-sol de ses parents, qui n’a pas vu grand chose de la vie, et dont les parents, surtout son père, sont les plus drôles au monde.

Avec Geneviève Gagnon, on entend l’autre côté de la médaille : le point de vue de la mère. Celle qui ne prend pas de chance pour que son fils colle à la maison jusqu’à 35 ans et qui l’endort, lorsqu’il est bébé, avec des histoires puisées dans les petites annonces de « 3 ½ » à louer dans le journal.

Qu’on aime ou pas l’humour de type « 450 », car c’est un peu ainsi qu’on peu qualifier le créneau dans lequel certains humoristes s’exercent, force est d’admettre que Geneviève Gagnon a fait la démonstration que c’était possible d’exploiter le genre avec une assiduité au travail et de la qualité dans le contenu. Trop habitué à des humoristes qui choisissent la voie de la facilité lorsqu’il est question du quotidien normal du Québécois normal, on avait oublié comment ça pouvait parfois être drôle quand c’est bien fait, sans prétention.

Pour les dates de la tournée de Geneviève Gagnon, consultez le www.genevievegagnon.ca.

Crédits photo:Georges Dutil



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