- Outils
- Commentez (1)
- Envoyer à un ami
- Imprimer

Par Pascale Lévesque.
Le Canadien est drôle. Pas le club…oui, parfois le club. Mais pas autant que le Canadien quand il est Mike Myers, John Candy, Dan Aykroyd, Jim Carrey, Howie Mandell ou Seth Rogen. Mais là où le Canadien est encore plus drôle, c’est quand il est Québécois, mais nos voisins du sud ne le savaient pas avant qu’il décide de traverser les douanes.
Les Jérolas ou André-Philippe Gagnon ne seront pas cités éternellement comme des cas d’exceptions d’humoristes d’ici qui ont fait rire les Américains. Car depuis que «les Internets» ont annihilé la notion de frontière, une autre exception qui s’appelle Jon Lajoie a réussi la belle affaire.
Le petit gars de St-Hubert, que le public d’ici a d’abord connu dans son rôle de Thomas Édison dans le téléroman «L’Auberge du chien noir», sera de passage ici lundi soir dans le cadre de sa tournée canadienne I Kill People Tour. L’occasion est belle de retracer le parcours fascinant du jeune homme, sans prétention, connu à des millions de clics (300 millions en fait) pour ses clips de Show Me Your Genitals ou Every Day Normal Guy.
Jon Lajoie me parle de son appartement de L.A. « Rien de transcendant. C’est un et demi. J’habite là depuis trois ans, il n’y a encore rien sur les murs », décrit-il. Une blonde viendra sûrement un jour mettre un peu de couleur là -dedans, mais pour l’instant, le comique est autrement occupé dans les tournages d’une série de FX (la chaîne spécialisée de FOX): «The League». Trois ans déjà , pas mal pour une sitcom.
«C’est rare que je m’arrête à penser que je suis à Los Angeles parce que je suis toujours en train de travailler et penser à mon prochain projet. Mais l’autre jour j’étais sur le plateau de The League et Jeff Goldblum, vedette de La Mouche et Jurassic Park, faisait un rôle dans l’émission. Tout le monde ici trouve ça normal…mais moi je suis le petit gars de St-Hubert. À côté de Jeff Goldblum! », raconte Jon Lajoie.
Le passage dans les grandes ligues américaines, justement, est pourtant si évident pour les petits canadiens de l’Ontario. Les murs de Second City sont tapissés de photos de «comedian» qui ont plus tard sévi à «Saturday Night Live».
Reste que l’idée est de plus en plus forte dans la jeune communauté humoristique québécoise, surtout que la barrière de la langue n’est plus d’actualité avec cette génération. Le bilinguisme est essentiel pour vivre à Montréal, et vivre à Montréal, du moins le temps de faire l’École nationale de l’humour, est essentiel pour un comique qui veut percer.
Des gars comme Eddy King ont déjà en tête de traduire leur matériel et suivre les traces d’une autre star montante de l’humour qui est en demande partout dans le monde: Sugar Sammy. À l’instar de Jon Lajoie, ce dernier s’installe quelques mois par année à Los Angeles pour faire un marathon d’auditions dans les comédies télévisées américaines.
Lui aussi a récemment proposé au public québécois une formule inédite: un spectacle bilingue. Parce que c’est là qu’on est rendus, comme en chanson. Au départ l’initiative devait se traduire en une soirée unique le 29 février à l’Olympia. Nous sommes rendus à 15 spectacles supplémentaires.
Le concept nouveau de Sugar Sammy fera sans aucun doute sa chance, comme celui de Jon Lajoie en 2007, alors que ses vidéos tournées avec sa petite caméra de 300 $ ont été propulsées dans le début de l’effervescence de YouTube. Jusqu’à en faire des clips prisés sur le portail de vidéos comiques de Will Ferrell Funnyordie.com. « Je relancerais les mêmes vidéos aujourd’hui, elle n’auraient sans doute pas le même effet. J’ai eu de la chance. J’ai profité du commencement de la popularité de YouTube », admet-il.
Et aujourd’hui? Jon Lajoie refuse des contrats de chaînes de restauration qui lui ont offert le pactole pour réaliser leurs publicités. Taco Bell, entre autres. Il aurait par contre bien aimé décrocher le rôle qu’on lui avait proposé dans les Chipmunks, pour que sa mère puisse enfin montrer le travail de son fils à ses amies. « Parce que Show Me Your Genitals, ça passe moins bien… », précise-t-il en riant.
Mais même si dans le studio de L.A. où il tourne The League, il continue de penser qu’il est un intrus à côté de Sarah Silverman ou Seth Rogen qui sont venu jouer les acteurs invités, il sera tout sauf un imposteur sur la scène du Club Soda lundi soir. « J’adore la scène, parce que c’est un peu comme internet. Il n’y a personne d’autre pour interférer dans le processus. Il n’y a que moi. J’écris une joke, je la joue, le public réagit. Le show sera dans le même ton que mes clips. Il y aura des sketches, des chansons, des vidéos… un cours où j’apprendrai aux gens à être de supers bons acteurs…un cours PowerPoint, quand même », nous apprend-il.
Et aussi, une primeur; Jon Lajoie présentera en première à Montréal, le clip WTF Collective 3. «C’est la première fois que je montre un vidéo à un public avant qu’il soit sur internet », insiste-t-il.
Si le Canadien est drôle, le gars de St-Hubert l’est certainement et pour encore plus de monde parce qu’il a un jour osé sortir des sentiers battus.
- I Kill People Tour avec Jon Lajoie au Club Soda, lundi 7 novembre à 19 h et 22 h. Evenko.ca pour des billets.
- www.sugarsammy.com pour les représentations de You’re Gonna Rire à L’Olympia en février 2012.


Showbizz.net