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Un peu moins d'un an après la sortie de l'album «Fangless Wolf Facing Winter», la tournée de Kevin Parent bat son plein. Showbizz.net a rencontré l'artiste mercredi pour parler des réactions suscitées depuis la sortie de l'album, de ses concerts et de ses projets.
Sur scène
Le 12 avril, Kevin Parent se produira au Palais Montcalm, à Québec. En octobre dernier, il avait présenté son nouveau spectacle au Club Soda de Montréal entouré d'un décor qui rappelait un logis. Philippe Laperrière en assurait la mise en scène.
Parent va-t-il proposer le même concept à Québec le mois prochain «En gros, oui. Il va peut-être y avoir quelques petites choses qui vont changer. Grosso modo, ce sera pas mal le même concept. Il va y avoir des musiciens différents. Les autres avaient des engagements. On entend parler de la salle. On a hâte de voir ce que ça va donner», répond l'artiste.
Le spectacle de l'automne dernier dans la Métropole avait suscité de bonnes critiques de la part du journal Le Devoir. Le quotidien s'étonnait toutefois du fait que Parent ait évolué dans un décor avec mise en scène, lui qui semble fuir tous types d'artifices. «Ce n'était pas une grosse mise en scène. On est loin de Peter Gabriel avec Robert Lepage! C'est une table avec quatre chaises et une couple d'abat-jour pour mettre dans l'ambiance décontractée d'une cuisine. C'est sûr que c'est différent un peu. Lors de la deuxième partie, c'est davantage une atmosphère de salon avec formation rock standard électrique. La première partie est acoustique. Il y a un changement de décor… Il y a un décor! C'est différent de mes shows solos acoustiques ou des shows de festivals, c'est sûr. Ça fait du bien et ça représente bien l'album en anglais. Le (symbole de) la table de cuisine (permet de présenter) les nouvelles chansons de façon amicale et à la bonne franquette», réplique l'auteur-compositeur et interprète lorsqu'on lui parle de l'article du journal.
Parent compte interpréter «six ou sept» pièces de l'album «Fangless Wolf Facing Winter» tout en laissant une bonne place aux chansons en français. Il présentera des «nouvelles versions qui restent accessibles et simples» de ses tubes dans la langue de Molière: «C'est juste pour donner un petit vent de nouveauté, rafraîchir, un peu comme des rénovations. Certains aiment mieux les vieilles versions… Mais c'est différent, c'est le fun, c'est bienvenu.»
Les métaphores liées aux rénovations et au foyer reviennent souvent dans la bouche de Kevin Parent. Lors d'un autre entretien accordé à Showbizz.net l'an dernier, l'artiste en avait fait grandement usage. «Le but d'une chanson c'est… Comme Bob Dylan le disait Shelter From a Storm… J'aime bien l'idée qu'une chanson soit un refuge temporaire, une halte, dans la vie des gens qui veulent s'y abriter lorsqu'ils en ressentent le besoin. C'est pour ça que je fais référence à la maison car je trouve qu'il y a quelque chose de sécurisant dans une maison, dans une structure ou dans toit. J'aime bien comparer la maison à une personne, à une vie ou à une chanson. Je crois que c'est quelque chose qui est près de nous tous», répond le chanteur lorsqu'on lui fait part de ses nombreuses références.
Revenir à ses racines
Kevin Parent est un anglophone qui a débuté dans le milieu artistique tout en faisant carrière en français. Jusqu'à la sortie de «Fangless Wolf Facing Winter» l'an dernier, ses trois albums studios, sa compilation et tous ses autres morceaux parus, par exemple, sur un disque-hommage à Jean-Pierre Ferland ou avec les Porn Flakes étaient dans la langue de Molière. Son plus récent disque lui a permis de retourner à ses racines.
Lorsqu'il a lancé son premier opus en anglais, craignait-il les réactions du public ou des critiques «Je m'en préoccupe, c'est sûr. Tu ne veux pas frustrer les fans qui ont crû en toi en français. Par contre, je faisais face à un choix: continuer de faire plaisir au public ou être qui je suis artistiquement. (Ce dernier choix) et faire cet album m'étaient important. Je ne le regrette pas du tout. C'est sûr que ça ne tourne pas à la radio… Je ne suis pas à l'ADISQ, des affaires de même… Mais, mais, mais… Je me retrouve plus près de moi-même. Je pense qu'il faut se renouveler. Parfois, il faut reculer un peu pour mieux avancer. Je trouve que la démarche est saine. Je me trouve chanceux de pouvoir la faire», raconte Parent.
La discussion bifurque sur l'ouverture musicale des Québécois qui semble plus grande qu'il y a 20 ans. Pascale Picard est une francophone qui chante en anglais. Marco Calliari fait maintenant carrière en italien, la langue de ses aïeux, tandis Tomàs Jensen, un Argentin qui a vécu en Europe mais qui est établi au Québec, pousse souvent la chansonnette en espagnol.
Parent reconnaît qu'il existe une plus grande tolérance. Par contre, il ne faut pas oublier qu'il existe certaines balises, dit-il, qu'il respecte avec «plaisir». Il cite en exemple les quotas de musique francophone à la radio. Ceux-ci doivent demeurer. «Je suis francophone d'adoption. Je veux faire ma place et respecter cette langue.»
«Pour faire une histoire courte, je suis content d'avoir fait cet album en anglais. Par contre, j'ai plus l'ambition de faire un album qui va faire triper le monde au Québec que d'aller faire triper le monde à Vancouver ou Los Angeles.»
L'artiste et son équipe n'ont pas de «projets de marketing» à l'extérieur du Québec. Pour lui, lorsqu'on veut faire carrière ailleurs, il faut le vouloir.
«Richard Desjardins et Félix Leclerc ont commencé leurs carrières assez tard et ça les a menés assez loin. J'ai encore une couple d'années à prendre soin de mon jardin chez nous et à m'occuper de mon fils. Lorsque ses racines seront assez stables, je verrai quelle est ma prochaine étape. Chaque chose (en son temps)», explique le chanteur.
Un prochain disque en français
Parent entend poursuivre sa tournée jusqu'à la fin décembre 2008. Il compte ensuite commencer l'écriture d'un album francophone. Souhaite-t-il éventuellement à nouveau endisquer en anglais Parent ne ferme pas la porte. Il reste ouvert mais ne sait pas ce que l'avenir lui réserve: «Je ne détiens pas toutes les réponses. On verra en temps et lieu. À court terme, c'est de terminer cette tournée au Québec et ensuite, de commencer l'écriture d'un nouvel album en français».
Du hockey pour une bonne cause
Le 4 avril, il participera à la Juno Cup à Calgary. Il s'agit d'une partie d'hockey qui oppose des artistes canadiens à des légendes du sport. Elle se déroule deux jours avant la présentation des Juno Awards. Jim Cuddy et Greg Keelor (Blue Rodeo); Dave Brenner et Dean Beck (Theory of a Deadman) ainsi que des musiciens de Sloan et Ill Scarlett vont notamment participer à ce match. «J'aimerais bien voir ça au Québec. Le but, c'est de ramasser de l'argent pour promouvoir la musique dans les écoles, acheter des instruments, élaborer des programmes musicaux pour les jeunes. Je suis un décrocheur. Je voulais faire un projet de musique. Ça n'a pas passé, faute de budget. J'ai donc décroché pour faire de la musique», dit-il.
Spectacles
Ce jeudi (20 mars), Kevin Parent est notamment en spectacle au Palace de Granby. Le 22, il se produit au Cabaret Théâtre du Vieux St-Jean, à St-Jean-sur-Richelieu.
Notons qu'une rumeur fait état d'une possible participation de Parent au spectacle de la Fête nationale sur les Plaines d'Abraham, à Québec, le 23 juin… La nouvelle reste cependant à confirmer de manière officielle.
Pour connaître toutes les dates de spectacles de Kevin Parent, consultez son site Internet.


Showbizz.net