4 mars 2008 - 15:48 Nouvelles Québec

«La ligne brisée»: amitié et vengeance sur fond de boxe (entrevues)

par Showbizz.net


«La ligne brisée», du cinéaste Louis Choquette, raconte une histoire d'amitié sur fond de boxe. Michelle Allen, qui avait également écrit la série «Le 7e Round», se frotte a nouveau à cet univers. Elle a rédigé le scénario du long-métrage. Showbizz.net a rencontré le réalisateur et trois comédiens de ce film qui prendra l'affiche au Québec le 7 mars: David Boutin, Guillaume Lemay-Thivierge et Jacynthe René.

Sébastien Messier (Boutin) et Danny Demers (Lemay-Thivierge) sont amis depuis toujours. Ils ont partagé toutes sortes de choses, dont la boxe. Après une absence d’un an et demi, Danny revient à Montréal. Il est au plus creux, rien ne l’attend. Sébastien, au contraire, est sur sa lancée. Il prépare le combat de sa vie, pour le titre de champion du monde. Les retrouvailles des deux amis sont émotives, remplies de souvenirs et de promesses. Jusqu’à ce qu’un événement dramatique vienne briser leurs trajectoires. Aveuglé par l’ambition, Sébastien a perdu l’essentiel. Il est à la dérive. C’est le désir de se mesurer à Danny qui lui donne le goût de reprendre sa vie en main.

Le film met aussi en vedette Fanny Mallette, Germain Houde, Roger LaRue, Benoît Gouin, Danny Blanco Hall et Steve Laplante.

André Dupuy produit le long-métrage.

Le réalisateur

«Je n'étais pas du tout un connaisseur de boxe lorsqu'on m'a parlé de ce projet il y a six ans. Ce qui m'a d'abord fasciné lors du premier combat que j'ai vu, ce sont les qualités athlétiques de ces hommes-là (Â…). Ensuite, il y a cet étonnant respect de l'adversaire… Peut-être pas chez tous les boxeurs mais chez ceux que j'ai rencontrés, il y avait une certaine noblesse d'esprit, un respect pour l'athlète qui était en face d'eux. Ça, ça m'a attiré», explique Louis Choquette.

Toutefois, l'idée la plus importante pour le réalisateur était que la boxe pouvait servir de toile de fond à cette «histoire d'amitié entre hommes dont on voulait parler». Michelle Allen était déjà dans le décor à cette époque, selon le cinéaste, sauf qu'elle n'avait pas encore écrit le scénario du long-métrage.

«Le plus gros défi pour nous, c'était d'allier le suspense sportif à quelque chose de plus intimiste et de ne pas bouder le fait que nous voulions faire un bon divertissement avec un crescendo en fin de film… Utiliser les bons rouages des bons suspenses sportifs tout en gardant assez d'intimité pour protéger toute l'humanité et l'intériorité des personnages. Nous avons voulu allier deux types de cinéma différents dans un seul», raconte Choquette, qui dit avoir «tout vu» les autres films sur la boxe.

«C'était important (de regarder ces longs-métrages). Le première question que je me suis posé au tout début du projet: est-ce qu'il y a encore un film à faire sur la boxe La question s'est un peu résolue d'elle-même lorsque la scénariste et moi avons commencé à toucher à notre sujet.»

Le film de Choquette n'aborde pas les clichés voulant que l'univers de la boxe soit mêlé au monde interlope. «Non, c'est un autre sujet, je dirais. Ce n'est tout simplement pas le sujet de notre film. On sait que ce monde interlope a existé beaucoup, sans doute, j'imagine, et peut-être que ça existe encore. Toutefois, je pense qu'au Québec, on s'est beaucoup libéré de ça depuis quelques années. On a affaire à de vrais athlètes qui ne sont pas empêtrés dans certains problèmes», répond-il. Tomber dans les clichés n'étaient pas nécessaires, selon le réalisateur.

David Boutin

David Boutin avait déjà tourné sous la direction Choquette dans la série «Temps dur». Il a toutefois eu à passer une audition pour le rôle de Sébastien.

L'acteur a dû ensuite s'entraîner pendant douze semaines pour camper un boxeur. «C'était intense, c'était tough mais c'était le fun. T'es payé pour te mettre en forme», raconte le comédien.

Le promoteur de boxe Yvon Michel, qui a participé à l'entraînement des acteurs, et le cinéaste étaient pourtant sceptiques. Ils ne croyaient pas que le comédien allait afficher la forme et les habilités d'un vrai boxeur. Il était notamment aux prises avec un certain surplus de poids. Une doublure qui avait été embauchée pour les scènes de boxe n'aura finalement pas eu besoin de monter sur le ring, raconte Choquette. David Boutin aura réussi le défi.

«C'est un anti-héros. C'est un gars qui, d'emblée, n'est pas très sympathique. Il fait les mauvais choix. Ce que je trouvais intéressant, c'est que l'on voit plein d'aspects de sa personnalité dans le film. On voit son aspect amer. Il s'est bâti un personnage de macho. On le voit aussi désarçonné devant une fille lorsqu'il est très sincère. Je trouvais ça le fun comme (rôle)», dit David Boutin à propos de Sébastien.

Lorsqu'il verra Danny gagner un championnat du monde, Sébastien deviendra fou de rage. «Sa coche était déjà pétée avant… Je pense dès le moment où il a commencé un peu à sombrer, à se laisser aller, à ne plus suivre ses rêves… Il voit son ami qui lui, au contraire, travaille très fort. Il se dit qu'il devrait être à sa place. Avant, c'était Sébastien qui était le doué, le gars qui avait le talent. C'était un naturel. Il avait tout pour devenir champion du monde et finalement, il a failli à cette tâche. Il n'a pas été capable. Il voit son ami qui est en train de livrer (la marchandise) et de devenir champion du monde. Dans sa tête, il se dit c'est moi qui devrait être là. Il n'a cependant pas fait ce qu'il fallait pour (y arriver)», raconte le comédien au sujet de son personnage.

«C'est vraiment le boxeur qui s'est fait mettre à terre et qui n'a jamais réussi à se relever, ajoute David Boutin.

Guillaume Lemay-Thivierge

Guillaume Lemay-Thivierge interprète Danny, un homme qui prendra les grands moyens pour aider son ami Sébastien qui s'est mis dans le pétrin.

«C'est un gars qui n'est pas sûr de lui. C'est un gars qui voudrait donc mais qui ne passe pas à l'action. En fait, c'est ce que l'on sent dans le début du film. Il ne met pas sa vie au premier plan. Il ne met pas beaucoup de valeur sur sa vie. On le sent. Au début, il recherche beaucoup l'amour et l'amitié de son chum. Il l'admire tellement. Il voudrait être lui. Lorsque Sébastien aura un problème, il se mettra complètement de côté pour l'aider. Ce n'est pas tout le monde qui ferait ça non pas par amour mais par manque d'estime de soi. Il manque de fierté. L'un des moyens de se valoriser, c'est de faire un geste comme ça. C'est très héroïque. (…) Il croira ensuite que Sébastien lui doit quelque chose. Celui-ci lui répondra plutôt qu'il ne lui doit rien car Danny a commis son geste pour sa propre personne et non pour l'autre. C'est la haine qui s'installe tranquillement car (mon personnage) n'a pas la reconnaisse qu'il a besoin d'avoir. Il se rend compte qu'il sera obligé de se la donner tout seul», explique le comédien.

Danny sera de plus en plus déterminé sauf «qu'il restera toujours deuxième dans sa tête» même si Sébastien sera tombé dans la dèche.

Le réalisateur abonde aussi dans le même sens: «dans la première partie du film, Danny est presque linéaire, unidimensionnel». Ensuite il sera confronté à lui-même et à son syndrome de «l'éternel deuxième», selon Choquette.

«Je pense qu'il y a de belles surprises dans ce film-là, des revirements, de l'inattendu. Il y a de beaux revirements et il y en a pour chacun des personnages», ajoute Guillaume Lemay-Thivierge.

Le comédien appréciait la boxe avant de tourner dans ce film. Toutefois, son intérêt a depuis grandi. Il comprend désormais le long cheminement des boxeurs et les sacrifices requis par ce sport de combat. «Ce sont des guerriers qui s'en vont s'affronter et souvent, avec beaucoup de spiritualité», dit-il en citant en exemple Joachim Alcine. «Ça nous fait voir que la boxe, c'est violent mais ce n'est pas agressif. On ne veut pas tuer notre partenaire. On veut livrer un beau combat», affirme Guillaume Lemay-Thivierge.

Jacynthe René

Avec les séries «Au nom de la loi» et «Diva», Jacynthe René avait déjà travaillé avec Michelle Allen et le producteur André Dupuy.

«Lorsque Louis m'a parlé du personnage, c'était une rockeuse. On le voit lorsqu'elle est la blonde du personnage de David. Ensuite, elle devient maman cinq ans plus tard. Elle a cependant gardé un peu ce côté-là», explique Jacynthe René au sujet de son rôle.

Lysanne, après avoir fréquenté Sébastien, deviendra l'amoureuse de Dany et aura une fillette avec lui. Avec le premier, raconte la comédienne, la relation se voulait davantage passionnelle. Avec le deuxième, elle est basée sur l'amour et la famille.

Toutefois, certains événements viendront ébranler la vie maintenant tranquille de la rockeuse assagie: «Elle se rend compte de réalités que son chum Danny y avait cachées», explique Jacynthe René.

Les spectateurs pourront prendre conscience de tous les revirements de «La ligne brisée» lorsque le film sortira dans les salles du Québec le vendredi 7 mars.



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