What Happens in Vegas |
(vf:Ce qui se passe à Vegas)
Gros comme un camion
Joy vient de se faire plaquer par son fiancé. Jake, lui, vient de se faire virer de son boulot par son propre père. Et si la première est une hyperactive à la limite de l’hystérie et que le second a un poil dans la main de la taille d’un baobab, tous deux ont parallèlement le même réflexe : se sauver à Las Vegas pour oublier leurs déboires le temps d’une nuit de débauche. Évidemment, leurs chemins se croiseront autour d’une bouteille de tequila et les mèneront jusqu’à un mariage aussitôt regretté le lendemain matin. Sauf que depuis, Jake a gagné 3 millions de dollars avec un 25 sous prêté par Joy et que cette dernière entend bien profiter de ses droits matrimoniaux. De retour à New York, les deux sont forcés par un juge d’endurer leur mariage pendant 6 mois avant de pouvoir toucher le magot.
Déjà, sur le papier, «What Happens in Vegas» signé Tom Vaughan (réalisateur principalement de séries télés) partait mal. Comment croire en effet cet enchaînement parfaitement invraisemblable ? Comment s’imaginer une seule seconde qu’un juge sain d’esprit condamnerait deux fêtards au mariage ? Comment, comment, comment ? Manque de chance, l’intrigue tissée à la va-vite par la scénariste Dana Fox (déjà responsable du calamiteux «27 Dresses») ne se révélera pas plus solide à l’écran. Enfilant les clichés sur les femmes, les hommes et le mariage comme on enfile des perles sur un collier, tout en essayant de toutes ses forces de s’en moquer, «What Happens in Vegas» fait en réalité l’effet d’un gros flan aussi vite retombé.
Car rien n’y marche vraiment. La mise en scène qui confond accélérés et rythme en fait des tonnes pour faire oublier la disette du scénario, la musique est téléphonée et la chimie du tandem Cameron Diaz-Ashton Kutcher, pourtant le seul vrai argument de vente du film, est aussi explosive qu’un vieux verre de champagne oublié sur une table pendant une semaine. D’autant que les deux surjouent comme s’il n’y avait pas de lendemain. Voyez le tableau : ce qu’on nous annonçait pétillant et un brin provocateur se révèle au final aussi ennuyeux qu’une partie de cartes entre grands-mères vaguement grivoises.
Certes, la belle Diaz a de ravissantes jambes, le grand Kutcher a de solides épaules, le département costumes s’est donné du mal, les couleurs rutilent comme un camion volé, mais à ce niveau-là de bêtise, on se demande vraiment quand seront créées des lois interdisant ce genre d’outrages à la comédie romantique. De quoi se donner envie de relouer illico «The War of the Roses» (Danny de Vito, 1989) ou «Four Weddings and A Funeral» (Mike Newell, 1994) et d’oublier instantanément cette mauvaise donne.
Vu en version originale anglaise.
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