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Par Isabelle Rodrigue.
Le mandat du Fonds canadien de télévision (FCT) devrait être modifié pour mieux s’adapter à la réalité du marché, recommande un groupe de travail au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).
Le groupe de travail a présenté son rapport, vendredi, dans lequel il suggère que le FCT crée un volet plus commercial basé sur le succès des émissions subventionnées et qu’il alloue des fonds aux productions diffusées sur de nouveaux médias, comme la vidéo sur demande.
« Le système canadien de radiodiffusion est de plus en plus confronté à une concurrence à l’échelle globale. Dans l’intérêt du système de radiodiffusion, le groupe de travail croit qu’on doit viser davantage à financer des émissions canadiennes qui plaisent au public canadien », peut-on lire dans le rapport d’une trentaine de pages.
En vertu de cette approche, la responsabilité « de subventionner les émissions canadiennes à contenu culturel plus significatif qui ne peuvent pas espérer attirer autant de téléspectateurs, de même que des projets spéciaux pour appuyer des productions autochtones et des émissions de langue française hors Québec » reviendrait au ministère du Patrimoine canadien.
La série de recommandations s’attarde aussi au conseil d’administration du fonds, dont la composition était remise en question par des câblodistributeurs qui y voyaient une apparence de conflit d’intérêt.
Ce comité spécial semble donc avoir entendu les récriminations de Vidéotron et de Shaw Communications, les deux câblodistributeurs qui avaient cessé de verser leurs cotisations au fonds, cet hiver, pour protester contre le fonctionnement du FCT, qui subventionne des productions télévisuelles.
Cette décision avait suscité une crise puisque le retrait des deux compagnies créait un trou de 60 millions $ au FCT.
Quelques semaines plus tard, Shaw et Vidéotron rentraient dans le rang et le CRTC annonçait la création de son groupe de travail.
Vendredi, le porte-parole de Quebecor Média (qui chapeaute Vidéotron) se montrait peu loquace mais sa réaction n’était pas négative pour autant.
« Il y a des choses certainement intéressantes », a admis Luc Lavoie, ajoutant que la société veut prendre le temps d’analyser en détail les recommandations.
M. Lavoie a néanmoins reconnu que certaines recommandations, comme celles touchant les nouveaux médias et la composition du conseil d’administration, semblent aller « dans le sens de ce qu’on proposait ».
Les recommandations feront l’objet de consultations publiques au cours du prochain mois. Le CRTC devrait par la suite mettre en oeuvre certaines des recommandations qui tombent sous sa responsabilité, et dans les autres cas formuler des recommandations au FCT, vers la fin du mois d’août.
Le FCT dispose d’un budget d’environ 260 millions $, dont 100 millions $ proviennent du gouvernement fédéral. Le reste provient des câblodistributeurs et des fournisseurs de signaux satellites.
En vertu de la loi, les câblodistributeurs sont tenus de verser 5 pour cent de leurs revenus annuels au FCT. Cette contribution est obligatoire et constitue l’une des conditions de leur licence.


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