7 février 2010 - 22:26 Nouvelles Télévision

«Tout le monde en parle»: la culture encore au rendez-vous

par Showbizz.net


Ce dimanche, à «Tout le monde en parle», Chloé Sainte-Marie, La Roux, Antoine Bertrand et Gad Elmaleh faisaient partie des invités de l’émission. Fabienne Colas, très impliquée dans la communauté haïtienne, le prof acquitté d'agression sexuelle Henri Fournier et le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec comptaient aussi parmi les participants à cette édition du talk-show.

À quelques exceptions près, on a à nouveau eu droit à une émission à forte saveur culturelle.

Chloé Sainte-Marie

Son compagnon des 27 dernières années, le cinéaste Gilles Carle, est décédé en novembre dernier. Il souffrait de la maladie de Parkinson. Chloé Sainte-Marie ne voit pas la mort de son homme comme une délivrance. Elle ne s'habitue pas à son décès.

Le Fou du roi Dany Turcotte a remarqué que Carle avait façonné l'artiste. Il y avait une Chloé Sainte-Marie avant et après le cinéaste, a-t-il dit. «Tu veux dire que j'étais une salope avant», a-t-elle répliqué! Turcotte a ensuite répondu qu'on avait ri de Mme Sainte-Marie à ses débuts mais que le public avait ensuite appris à la connaître.

Le réalisateur venait à ses spectacles et certains trouvaient que Mme Sainte-Marie le montrait trop. Ce n'est pas parce qu'on est malade qu'on doit se cacher, dit-elle pour répliquer aux détracteurs.

Les funérailles nationales du cinéaste ont également soulevé certaines critiques. «Dans mille ans, on va se souvenir davantage de Gilles Carle que de Jean Charest», a-t-elle affirmé.

Y'a-t-il une vie après Gilles Carle, a demandé l’animateur Guy A. Lepage «Il n'y a pas d'après-Gilles Carle. Il fait partie de moi (Â…). Je vais continuer à vivre avec lui. Je lui parle toujours et je ne suis pas illuminée», a-t-elle répondu.

Malgré son deuil, la chanteuse s'apprête à remonter sur scène pour y donner une série de spectacles au Québec et en Europe. L'an dernier, elle a lancé l'album «Nitshisseniten E Tshissenitamin», un disque en langue innue. On la verra très prochainement au Gesù, à Montréal, et à Québec, au Grand-Théâtre.

Gad Elmaleh

L'humoriste français Gad Elmaleh était le premier invité de l'émission. Celui qui a habité Montréal pendant quatre ans et qui possède toujours la citoyenneté canadienne, a montré son accent québécois. Il fait actuellement la promotion de son spectacle «Papa est en haut», qui sera présenté au Centre Bell les 27 et 28 mai.

Lepage en a profité pour revenir sur certains pans de la carrière du comique. Elmaleh campera Omar Ben Salaad dans «Tintin et le secret de la Licorne» du réalisateur Steven Spielberg, un film dont la sortie est prévue le 23 décembre 2011.

Antoine Bertrand

Lepage a évidemment traité de ce récent épisode de «C.A.» dans lequel Antoine Bertrand apparaît nu! Certains téléspectateurs ont jugé la scène disgracieuse. «Je revendique le droit de montrer mes fesses. Il n'y a pas juste les belles filles qui ont le droit», a-t-il lancé en se questionnant d'ailleurs sur les opinions du public. Lors des «Bougon», plus jeune, il aimait faire dans la provocation. À la fin de la série, il s'est donné une «pause». Aujourd'hui, les scènes osées doivent faire avancer le scénario. Il ne joue plus de scènes sensationnalistes juste pour choquer.

Il est porte-parole de Réseau Ado, un organisme qui s’occupe de prévention du suicide dans les écoles. La dernière Semaine de prévention du suicide, qui a eu lieu du 31 janvier au 6 février, n'a pas obtenu suffisamment de couverture médiatique, croit-il. Adolescent, à la suite d'une peine d'amour, il avait songé à s'enlever la vie. Avec du recul, il juge maintenant son motif bien anodin. Les jeunes doivent chercher de l'aide auprès de professionnels lorsqu'ils ont des idées noires, pense-t-il.

On verra l'acteur dans la pièce «Porc-épic», présentée du 16 février au 13 mars à L'espace GO, à Montréal.

La Roux

Lepage est revenu sur les succès de La Roux, duo britannique composé d'Elly Jackson et Ben Langmaid.

La jeune femme, qui a pris elle-même le nom de scène de La Roux, ne se gêne pas pour critiquer la musique pop actuelle et les chanteuses en vogue. Elle dit être souvent mal citée, par contre. «On n'a plus le droit d'avoir une opinion sur la musique qu'on aime ou qu'on aime pas», a-t-elle affirmé.

Le téléchargement illégal de musique est revenu sur la table. La Roux s'oppose à cette pratique et ajoute que les artistes ne sont pas si riches! Elle n'a pas de chauffeur privé, dit-elle!

Les cheveux de la jeune femme ont fait bien rire Turcotte et Antoine Bertrand. «C'est l'hiver québécois qui les a fait figer comme ça», a demandé le Fou du roi. «Do you know Bibi et Geneviève», a quant à lui lancé le comédien! Lepage a de son côté remarqué une certaine ressemble avec Rick Astley!

Jeune fille, elle était la risée de ces compagnons de classe car elle était grasse et arborait un look androgyne. «Comment êtes-vous devenue bulletproof (à l'épreuve des balles) », a demandé l'animateur «Je ne sais pas. J'ai changé d'école. Je fréquentais un établissement très religieux qui n'était pas pour moi. Je suis ensuite allée à cette école», répond-elle.

Gaétan Barrette

Dr. Gaétan Barrette est le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. Il défend la cause de ses membres et dénonce leur niveau de rémunération.

Est-ce difficile d'avoir la sympathie du public lorsque les spécialistes gagne «350 quelques milles $ par année», a demandé Lepage Ce n'est pas leur salaire moyen a répliqué le médecin, un taux de rémunération qui serait plus faible: «On est en dessous du Nouveau-Brunswick, qui n'est pas exactement la province la plus riche du Canada.»

Le coût de la vie et le prix de la formation sont cependant moins chers au Québec, note l'animateur. On doit toutefois donner aux médecins et aux chercheurs, «que l'on perd», un avenir meilleur, répond Dr. Barrette. Ce dernier craint d'ailleurs l'exode des médecins que favoriserait maintenant le Québec, selon lui.

On devrait avoir la possibilité d'aller en arbitrage lors de conflits pour éviter de paralyser le réseau québécois de la santé, de dire le radiologiste.

Il dit également s'opposer aux partenariats public-privé. Il a été témoin de certaines pratiques dans des établissements gérés de cette façon en Europe, dont les pratiques médicales étaient dans les limites de l'acceptable.

Fabienne Colas

Fabienne Colas, une comédienne et réalisatrice très impliquée au sein de la communauté haïtienne, vit au Québec depuis 2003. Dans son pays, elle sentait qu'elle «plafonnait». Elle a donc mis le cap vers le Canada pour y recommencer à zéro.

Son grand-oncle et sa grand-tante sont décédés lors du tremblement de terre qui a touché son pays d'origine le mois dernier, a-t-on rappelé.

Elle avait notamment fait appel au bureau de Pierre-Karl Péladeau pour que les appels logés vers Haïti à partir du Québec soient gratuits, suite à la récente tragédie. Videotron a accepté. Bell et Rogers n'ont cependant pas emboîté le pas.

Le chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé a dénoncé la passivité des Haïtiens, des propos qui ont choqué Mme Colas. «Il m'a déçue. Il a un manque de culture, de logique», dit-elle. Elle trouve aussi dommage que le journaliste se soit servi du canal de La Presse pour tracer un tel constat. «Avoir été ses patrons, je l'aurais congédié», affirme-t-elle.

Pour elle, le peuple haïtien est un peuple fier qui ne peut se compter sur son gouvernement car celui-ci ne peut rien lui donner: pas d'aide sociale, pas d'électricité. L'ancienne Miss Haïti et mannequin dit être un «témoignage vivant» que les Haïtiens ne sont pas un peuple passif.

Henri Fournier

Enseignant en éducation physique dans une école primaire de Châteauguay depuis 31 ans, il a été accusé d'avoir agressé 19 fillettes de 8 à 11 ans en 2008. Il a ensuite été acquitté le 29 octobre dernier de tous les chefs d'accusation qui pesaient contre lui. Les témoignages des présumées victimes présentaient plusieurs contradictions.

Un geste d'encouragement, comme une main sur l'épaule, n'est pas un geste sexuel, dit celui qui dit toucher les jeunes.

Un conflit entre deux fillettes, «qui voulaient s'arracher dans le pouvoir dans la classe», serait à la source de cette histoire. Ces enfants étaient des leaders. En demandant aux autres élèves si le prof commettait des gestes inappropriés à leur égard, plusieurs auraient répondu par l'affirmative aux deux jeunes filles. L'histoire a eu l'effet d'une traînée de poudre.

Henri Fournier a appris d'une élève qu'il faisait l'objet de rumeurs. Des parents ont ensuite appelé la police. Incarcéré, il a eu peur. Il a été menacé. À la fin de son séjour en taule, il a appris qu'un «contrat» avait été placé contre lui.

Aucune des fillettes impliquées (ni leurs parents) ont présenté des excuses au professeur. Elles n'ont également pas fait part de sanctions de la part de leur école.

Henri Fournier a réintégré son poste en janvier dernier mais après quatre jours, il ne se savait plus capable d'enseigner. Il a donc fait part de sa décision à la directrice de l'établissement. Il trouvait dur de croiser ses accusatrices dans les couloirs. Il souhaite pour l'instant se refaire une santé mentale et reprendre les cours en septembre.

Une poursuite reste une possibilité sauf qu'un tel recours est très coûteux. Il aurait pu récupérer son salaire des deux dernières années sauf que la commission scolaire est allée en arbitrage pour ne pas lui verser cette rémunération.

Sa conjointe et ses amis ne l'ont pas abandonné pendant ses déboires, a-t-il tenu à souligner.



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